Moustapha Lô, l’auteur de l’attentat qui, le 22 mars 1967, faillit coûter la vie au président Senghor, a été condamné à mort jeudi après-midi par le tribunal spécial du Sénégal. La décision est sans appel, et seule la clémence du chef de l’État, usant de son droit de grâce, peut éviter au condamné le peloton d’exécution.

En outre, diverses peines ont été prononcées à l’encontre de trois complices. En particulier Moustapha Drame, qui avait fourni à Moustapha Lô le revolver dont il a tenté de se servir, a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. Moustapha Drame est l’ancien directeur de cabinet de M. Valdiodio N’Diaye, qui était lui-même ministre de l’intérieur du gouvernement Mamadou Dia avant le coup d’État manqué du 17 décembre 1962.

D’autres peines d’emprisonnement (une de dix ans et huit de six ans) avaient été prononcées la veille par le tribunal spécial à propos d’une affaire de complot contre la sûreté intérieure de l’État qui remontait à décembre 1965, mais qui n’a été découverte que lors de l’enquête sur  » l’attentat de la Tabaski « .

C’est du reste pour cette raison et aussi parce que les personnes inculpées dans l’une et l’autre affaire appartenaient aux mêmes milieux  » dialistes  » que le tribunal en a été saisi en même temps. Cependant aucun lien autre que celui-ci n’avait été finalement établi entre l’attentat et le complot, contrairement à ce que les autorités sénégalaises avaient un instant pensé au début de l’enquête, Moustapha Lô apparaissant en fin de compte comme un fanatique assez isolé. Les audiences du tribunal étaient publiques et elles n’ont été marquées par aucun incident. Au demeurant, l’agitation sporadique, constatée ici en début d’année, est à peu près complètement retombée ces dernières semaines.

La grande émotion suscitée par l’assassinat du député Demba Diop, puis par l’attentat manqué contre le chef de l’État, a incontestablement permis aux leaders du parti gouvernemental, l’Union progressiste sénégalaise, de reprendre leurs troupes en main et de mettre rapidement un terme à la plupart des luttes de clans et des rivalités de personnes qui se développaient dans la perspective des élections législatives de février prochain.

le monde

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