Dans les différents débats publics autour de l’épidémie de Covid-19, on parle souvent de son taux de létalité – est-il comparable à celui de la grippe et parviendra-t-on à le réduire, dans le cas où le coronavirus continuerait de circuler dans les prochaines années ? On ergote aussi sur les effets du confinement sur les courbes de contamination. Je ne suis pas virologue ni épidémiologiste, je suis psychologue et neuroscientifique. Je m’intéresse donc plutôt aux potentiels impacts du Sars-CoV-2 sur le cerveau et l’appareil psychique humain.

Il ne faut pas seulement se focaliser sur la létalité du Covid-19, il faut aussi étudier les éventuelles séquelles qu’il pourrait avoir sur la qualité de vie à long terme des personnes qui l’ont contracté. Or, avec maintenant une année de recul depuis l’apparition du virus, les articles scientifiques sur ce sujet se sont multipliés et nous commençons à pouvoir en tirer quelques enseignements – à ce titre, je tiens à remercier Romain Ligneul, chercheur en neurosciences à la Fondation Champalimaud, à Lisbonne, qui fait un travail remarquable de recensement des publications sur ce thème.

En préalable, je souhaite rappeler que le cerveau demeure l’organe le plus mystérieux du corps humain et que, s’il est aisé de voir les effets du Covid sur un poumon, ceux sur l’encéphale sont loin d’être aussi lisibles. Il nous faut donc, en tant que chercheurs, faire preuve d’humilité. Toutefois, je pense que nous devons communiquer le plus souvent possible nos connaissances, même quand elles sont fragiles. Le silence des scientifiques pousse à la suspicion et renforce une sorte de rapport infantilisant que nous pouvons avoir les uns avec les autres.

LEXPRESS

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