Dans le cadre de la traque des biens mal acquis, le Procureur spécial Alioune Ndao juge nécessaire de s’entourer de toutes les garanties afin de faire jaillir la lumière. Parmi les 25 personnalités figurant sur la liste de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), sept vont ainsi être sujets à une interdiction de sortie du territoire à partir du 2 août 2012. Cette mesure sera diversement appréciée et son observation fera aussi l’objet de débats.

25 dignitaires de l’ancien régime intéressent au plus haut point la CREI qui les considère comme des « pilleurs ». Mais seuls 7 d’entre eux seront interdits de sortir du territoire sénégalais par le procureur spécial Alioune Ndao. Il s’agit de Karim Wade (ancien ministre des infrastructures), Madické Niang (ancien ministre des affaires étrangères), Samuel Ameth Sarr (ancien ministre de l’énergie), Tahibou Ndiaye (ex DG du cadastre), Oumar Sarr (ministre habitat et assainissement),  Abdoulaye Baldé (ex directeur de l’ANOCI) et Doudou Diagne (ancien Directeur de l’urbanisme).

Le verdict de la Cedeao et l’escapade d’Oumar Sarr.

Jugeant que la mesure est illégale et viole la présomption d’innocence, les conseils de Karim Wade déposent un recours auprès de la Cour de justice de la Cedeao. Dans l’arrêt rendu le 22 février 2013, la Cour estime « que l’interdiction de sortie du territoire national décidée par le procureur de la République et le procureur spécial est illégale parce que ne reposant sur aucune base légale ».

Devant l’attitude de l’Etat qui refuse de lever l’interdiction de sortie malgré tout, Oumar Sarr décide de ne pas donner suite à cette interdiction. Déjà en novembre 2012, il déclarait dans les colonnes de « L’Observateur » que : « c’est de la comédie. Si je veux aller en Mauritanie, personne ne peut m’en empêcher. Je n’ai pas ces problèmes-là, mais je ne veux pas quitter le Sénégal. Il y a un combat politique réel à mener ici. Je resterai là pour le mener avec le Pds ».

Le coordonnateur national du Pds, par ailleurs maire de Dagana, s’offusque de sa présence sur la liste de la Crei sans notification. Ainsi décide-t-il de mettre sa menace en exécution. En mai 2013, Oumar Sarr trompe la vigilance de la sécurité des frontières et atterrit en Mauritanie par le moyen d’une embarcation. Il retournera au Sénégal par le biais cette fois-ci d’un avion de Sénégal Airlines et sera accueilli en héros par ses camarades de parti. Un geste symbolique pour lui mais suffisant pour provoquer le courroux des autorités étatiques qui décident de renforcer la surveillance des 7 dignitaires.

Senenews

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