La lettre ouverte au peuple sénégalais.

Nous venons par la présente porter à votre attention quelques éléments d’information concernant la plainte de citoyens sénégalais contre M. Ousmane Galadio Ka.

En effet, la rumeur collective et une couverture quelque peu subjective des événements par la presse de notre pays ont déplacé le curseur pour faire de cette affaire un conflit intercommunautaire. Il n’en est rien. Tout d’abord nous voudrions rappeler la réalité de l’exception sénégalaise qui est admise de tous eu égard à la consistance de la cohésion sociale et l’harmonie de son vivre-ensemble. Cependant, il faut reconnaitre que, ces dernières années, par plusieurs fois, cette harmonie a été remarquablement chahutée, non par l’une ou l’autre des communautés qui sont exemplaires, mais par des individus dont les desseins font courir de grands dangers à la communauté nationale. C’est la raison pour laquelle, nous avons décidé de nous dresser contre ces personnes, au premier chef desquelles, le nommé M. Ousmane Galadio Ka.

Pour mémoire, lors d’une conférence tenue le samedi 8 septembre 2018 à l’occasion de la 22ième conférence de Gorée, le mis en cause a soutenu des propos d’une terrible gravité, brocardant sans ménagement des citoyens de ce pays sur la base de leur appartenance à une religion. En effet, en considérant publiquement quelques-uns de ses concitoyens comme responsables de tous les comportements déviants (homosexualité, adultère, vol, médisance, prostitution …etc.), il les insulte et leur dénie toute respectabilité. Certains, parmi les membres de cette communauté, ainsi que cela est d’usage en république, ont décidé de l’attraire devant les tribunaux pour obtenir, judiciairement, la condamnation des propos incriminés. Il ne s’agit donc pas – comme on a tenté de le faire croire – d’une affaire intercommunautaire qui opposerait des membres de communautés religieuses. Il s’agit simplement d’une affaire d’insultes proférées par un citoyen sénégalais, M. Ka, envers d’autres citoyens qui se sont sentis visés et se sont pourvus en justice.

Il n’y a pas d’affaire interreligieuse qui opposerait des chrétiens à des musulmans, mais plutôt un contentieux – réel celui-là – entre un citoyen sénégalais, M. Ousmane Galadio Ka et d’autres, appartenant pour la plupart aux minorités confessionnelles. D’ailleurs, il convient de constater que le collectif est diversement composé puisqu’il accueille en son sein aussi des musulmans et des adeptes des religions traditionnelles, choqués de la violence de cet énième coup de canif à notre pacte social. Pour le surplus, le constat amer du délitement de notre vivre-ensemble se poursuit avec des actes qui, malheureusement, relèvent de la banalisation du mépris de l’autre fondé sur des caractéristiques identitaires, biologiques ou sociologiques, touchant à son être et à sa dignité de citoyen. Dans cette démarche, nous cherchons à réactiver les valeurs dont le Sénégal a hérité de l’histoire millénaire de ses communautés et de leur coexistence pacifique notoirement reconnue. Considérant que ces valeurs ne sont pas le fruit du hasard mais le résultat conscient et voulu d’une organisation de la société autour du respect de l’autre et de ses croyances.

Voilà les raisons qui ont pesé puissamment sur chacun d’entre nous, membres du collectif, chrétiens, musulmans, adeptes des religions traditionnelles, à porter plainte, à titre individuel, contre le mis en cause. Dans cette optique, nous avons initié la phase judiciaire du contentieux qui nous opposait à M. KA, lui offrant, par là-même, en tant que citoyen en république, une occasion de se défendre dans le cadre d’une procédure contradictoire, que seul l’Etat de Droit – qu’il conspue pourtant – permet et rend obligatoire.

Les faits que nous lui reprochons seraient, de notre point de vue, constitutifs « d’insulte commise par le biais d’un système informatique envers une personne en raison de son appartenance à un groupe qui se caractérise par la race, la couleur, l’ascendance, l’origine nationale ou ethnique ou la religion ou envers un groupe de personnes qui se distingue par une de ces caractéristiques » (Article 431-43 de la Loi-n°-2016-29-du-08-novembre-2016-modifiant-la-loi-n°-65-60-du-21-juillet-1965-portant-Code pénal).Confiants en la justice de notre pays, nous espérons voir les torts qui nous ont été causés, reconnus par le tribunal. Nous ne demandons rien d’autre que d’entendre le droit dit et que la mission de la justice, puisse être conduite dans la sérénité qu’exige la sensibilité d’une telle question traitée à l’initiative de membres des minorités de notre pays. En espérant pouvoir compter sur votre bonne compréhension, nous vous prions d’agréer l’expression de notre considération distinguée.

Pour le Collectif des Veilleurs, Le coordinateur Ephrem Manga

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