Bruno Metsu s’est éteint le 14 octobre 2013, dans le Nord de la France, où il est né. Mais c’est au Sénégal, le pays de son épouse, qu’ont eu lieu ses funérailles, onze ans après son départ d’un pays qu’il n’a jamais vraiment quitté. Le Français avait parcouru le Golfe persique avant d’être frappé par la maladie, mais le souvenir qu’il a laissé à Dakar, où il avait fait construire une maison, ou dans le reste du pays, est toujours vivant.

Bruno Metsu avait épousé une Sénégalaise et c’est lui, de son vivant, qui avait émis ce désir d’être enterré à Dakar. Il s’était même converti à l’Islam. Sous le soleil du Sénégal, sa deuxième patrie, ils étaient nombreux à venir lui rendre un dernier hommage, lors de la levée du corps, à la morgue de l’hôpital principal. Viviane Dièye Metsu, sa veuve, ses enfants, ainsi que le chef de l’État, et des personnalités du monde du football comme Khalilou Fadiga, El Hadji Diouf, Aliou Cissé, Ferdinand Coly, avaient fait le déplacement.

« Honorer la mort d’un héros parmi les héros sénégalais »

« Le Sénégal est son pays de cœur. Il est normal qu’il y repose », avait déclaré sa sœur Véronique à Dunkerque où un hommage public lui a été rendu vendredi dernier en présence de près de 400 personnes, dont sa famille et d’anciens joueurs internationaux. Le peuple sénégalais a, à son tour, voulu saluer la mémoire de cet homme que l’on disait intègre et surtout passionné d’Afrique.

« Bruno, je ne l’ai jamais connu et pourtant, je pleure », a expliqué une femme dans la petite assemblée du jour. « C’est une personne qui a fait grandir le Sénégal, une personne qui avait un cœur d’or. Qu’il repose en paix. On ne l’oubliera jamais », a raconté cette anonyme. À ses côtés, un vieil homme a ajouté : « À Yoff, il restera toujours gravé dans la mémoire de tous les Sénégalais. »

Au moment de la cérémonie, de nombreux admirateurs étaient aussi recueillis en mémoire de Bruno Metsu à l’extérieur de l’hôpital. « Merci Metsu ! », pouvait-on lire sur des T-shirts.

Ancien milieu de terrain né en janvier 1954 à Coudekerque, près de Dunkerque, Bruno Metsu avait joué en D1 française dans les années 1970 et 1980 pour Valenciennes, Lille et Nice avant de devenir entraîneur, à Lille, Valenciennes, Beauvais ou encore Sedan. Mais le « Sorcier blanc » s’était surtout fait connaître comme sélectionneur en Afrique (Guinée, Sénégal) puis en Asie (Emirats arabes unis, Qatar).

Tout le monde se souvient de ses longs cheveux bouclés sur le bord des terrains et notamment de son heure de gloire avec un quart de finale de la Coupe du Monde 2002 contre la Turquie. Il avait au passage battu la France de Zinédine Zidane, alors championne du monde et d’Europe, lors du premier match de la compétition (1-0). C’était le meilleur résultat de cet infatigable globe-trotter du ballon rond.

Si Bruno Metsu a perdu son dernier combat contre le cancer, il aura gagné à jamais le respect de tout un peuple et de l’Afrique en général. Aujourd’hui, dans le cimetière de Yoff, c’est plus qu’un « enfant du pays » que viendront saluer très certainement dans les prochains jours des dizaines de personnes.

archives/archipo.info

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