La conjonction des crises sanitaires et économiques ainsi que la résurgence du terrorisme contraignent le président et lui imposent de nouvelles façons d’être, de décider et d’agir.

Tandis que Maurice Genevoix et avec lui « ceux de 14 » entrent au Panthéon ce 11 novembre confiné et bruineux, des messages s’entassent sur le téléphone d’Emmanuel Macron. On le félicite pour la profondeur de ce très bel hommage rendu à « un destin républicain » et à « ces inconnus morts en héros » bien sûr, mais on attire aussi son attention sur un sujet autrement plus prosaïque.

Le jour même a été mis en ligne sur les plateformes de vidéo à la demande Hold-up, un prétendu documentaire dont le réalisateur promet de décortiquer les origines et la gestion de la crise sanitaire en en révélant les failles et les mensonges. Problème : le film verse dans le complotisme de la première à la dernière seconde et bénéficie déjà de nombreux relais médiatiques qui font s’envoler le nombre de téléchargements.

A l’ère du doute permanent, quand de plus en plus de citoyens considèrent que chercher la conspiration dans chaque décision politique relève d’un cartésianisme bienvenu – peu importe l’incongruité du raisonnement -, la diffusion d’une telle vidéo ne peut qu’inquiéter au sommet de l’Etat. Dès le lendemain matin, jeudi 12 novembre, Hold-up se faufile dans le salon Murat de l’Elysée, où se déroule un stratégique conseil de défense. Emmanuel Macron n’a pas eu le temps de le visionner, mais il sait une chose : il est urgent d’allumer des contre-feux. « Faites émerger le contre-discours », lance-t-il aux ministres qui l’entourent. Drôle d’époque.

LEXPRESS.

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