Située au sud du pays, à 670 km de Dakar et non loin de la frontière avec la Guinée-Bissau, Kolda fait partie de la région naturelle de Casamance, plus précisément de la Haute-Casamance. Mais le fleuve Casamance qui coupe en deux la capitale du Fouladou n’est plus cette beauté qu’il était.

Il est devenu un véritable dépotoir d’ordures de tout genre. C’est des tas d’immondices qui s’offrent à perte de vue sur les berges et au milieu du fleuve. La plupart des ordures sont des déchets plastiques très toxiques pour les ressources halieutiques.

Des ateliers de menuisiers métalliques, des restaurants en plus du village artisanal et des forgerons sont installés juste à côté du pont Abdoul Diallo. Ils y déversent leurs ordures, avec un silence coupable des autorités locales. Ces dernières ne font aucune pression ni sanction à l’encontre de ces détracteurs du fleuve. Tout cela laisse apparaître un tableau bien triste avec des points d’eau par endroit.

Avec la disparition progressive de ce fleuve à Kolda, toute la chaîne alimentaire est touchée. Beaucoup d’activités génératrices de revenus comme le maraîchage et la pêche ne sont plus pratiquées à cause de l’action de l’homme. L’une des  conséquences touche le panier de la ménagère car presque tous les produits lies à la production agricole consommés dans la capitale du Fouladou sont importés et vendus plus cher à la population.

Amadou Pauline Diagne, chef de la Division régionale de l’Environnement des Etablissements classés de Kolda rappelle que « la gestion des déchets est une compétence transférée aux collectivités locales. Les communes ont chargées de la mise en place d’un système de gestion rationnel et efficace des déchets ».

« Malheureusement, c’est un problème qui est là pour Kolda. Il n’y a pas de décharges réglementées, pratiquement c’est d’anciennes carrières et des parcelles qui existent au niveau des quartiers qui sont souvent utilisées par les populations pour déverser les ordures ménagères. », déplore M. Diagne.

Le président Macky Sall a constaté lui-même que les villes du Sénégal sont très sales. C’est la raison pour laquelle il a initié une journée de nettoiement chaque mois appelée ‘‘Corduresleaning day’’.  « C’est pour cela qu’avec les amis du fleuve, le conseil départemental, la mairie et toutes les bonnes volontés de Kolda, on va vers un forum pour la mise en valeur du fleuve. Pour que ce fleuve devienne un cadre de développement et non un dépotoir d’ordures « , informe le ministre de l’Agriculture et l’Equipement rural, par ailleurs, président du Conseil départemental de Kolda, Pr Moussa Baldé. Et d’ajouter : ‘’Nous voulons que nos quais ici soient comme les quais que l’on trouve partout dans le monde. Et qui sont des endroits de rencontre des jeunes, des anciens dans toutes les villes du monde. C’est ce qu’on veut pour notre commune et on va le réussir Inchallah ‘’.

Pour permettre aux jeunes d’avoir de l’emploi, les populations continuent de réclamer le dragage du fleuve. Si cette doléance des fouladounabés, vieille d’une décennie, se matérialisait, cela pourrait contribuer à l’émergence de cette région, considérée comme l’une des plus pauvres du Sénégal.

 

Abdoulaye SEYDI – Correspondant Archipo.info/Kolda

 

 

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