25 Novembre 1969, bombardement du village sénégalais de Samine en Casamance par l’Armée régulière portugaise basée en Guinée ; le Sénégal demande la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Le président Senghor met sévèrement en garde le gouvernement de Lisbonne.

Réélu secrétaire général de l’Union progressiste sénégalaise (U.P.S.) par le septième congrès de ce parti, qui a terminé mardi ses travaux à Dakar, M. Senghor, chef de l’État du Sénégal, a lancé une sévère mise en garde aux autorités de Lisbonne à propos des incidents survenus récemment à la frontière de la Guinée-Bissau.

Le Sénégal n’admettra plus le survol de son territoire national par des avions militaires portugais et avisera Lisbonne de cette décision par la voie diplomatique. C’est ce qu’a déclaré notamment M. Senghor, qui a souligné :  » Nous riposterons « .

 » Il n’y a aucune preuve que, depuis le bombardement du village de Samine, les nationalistes guinéens se soient servis du territoire sénégalais pour bombarder les Portugais « , a ajouté le chef de l’État, qui démentait ainsi les accusations formulées récemment par les Portugais. (Le village sénégalais de Samine avait été bombardé le 25 novembre et le 7 décembre par l’aviation et l’artillerie portugaises basées en Guinée-Bissau, territoire d’outre-mer portugais limitrophe du Sénégal.)

M. Senghor a d’autre part indiqué qu’il avait l’intention de demander au secrétaire général de l’ONU, qui est attendu à Dakar vendredi, l’envoi d’une mission des Nations unies dans la région de Casamance, au sud du Sénégal, où se trouve le village de Samine.

Après avoir accusé les Portugais de se comporter en  » racistes « , M. Senghor a rappelé le plan qu’il avait proposé pour résoudre le problème de la Guinée-Bissau : cessez-le-feu suivi de négociations entre les nationalistes guinéens et Lisbonne en vue de l’établissement d’une période limitée d’autonomie interne, puis indépendance de la Guinée-Bissau dans le cadre d’une communauté luso-africaine.

Déplorant que les États-Unis se soient abstenus lors du vote au Conseil de sécurité sur la plainte sénégalaise contre le Portugal, le chef de l’État sénégalais a ajouté:  » Les Africains ne doivent pas se faire d’illusions. Nous n’intéressons pas et nous ne pouvons pas intéresser les Deux Grands. Notre vocation est d’être associés à l’Europe occidentale par l’intermédiaire du Marché commun.  »

archives/archipo.info

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