Le pari de se séparer d’Aly Ngouille Ndiaye et de ses mastodontes politiques ne sera pas sans conséquences. Macky le sait. Peut-être que l’opposition va se régénérer ou elle sera réduite à sa plus petite expression. Qui ne risque rien n’a rien et chacun prend ses responsabilités dans ce tournant déterminant synonyme d’une partie de « Yoté*»,(jeu traditionnel), jeu de carte ou de «Langabuuri» (jeu),avant les joutes électorales prochaines.

La mise en place d’un gouvernement d’union nationale peut changer, bouleverser des paradigmes et casser des dynamiques. Ainsi va la politique me diraient des observateurs avertis. Les hommes passent les institutions demeurent, mais en politique le choix est rarement entre le bien et le mal mais entre le pire et le moindre mal. Tant mieux pour la vitalité démocratique et les enseignements à tirer. Décryptons ! La longue et sanglante bataille fratricide entre le président Macky Sall et son ancien compagnon Idrissa Seck termine enfin par des retrouvailles. Face à cette réalité, on comprend aisément que la société politique contemporaine est une machine à désespérer les hommes.

Combien de Thièssois apéristes sont atterrés et déçus de ce comeback d’Idy ? Chaque remaniement charrie des joies et des frustrations. Choisir est toujours complexe et qui interprète fausse. Les commentaires vont encore animer le landerneau pour plusieurs mois bien que une chose est faite : Le Sénégal a une nouvelle équipe gouvernementale, sans Aly Ngouille Ndiaye. Une surprise. L’espoir de toute une contrée qui était attendu à une autre station est recalé. Une incompréhension pour certains, un fait naturel pour d’autres. La similaire absence avait suscité l’émoi à Bango Saint-Louis avec celle du Professeur Mary Teuw Niane, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, d’antan. Que s’est-il passé vraiment entre Macky et Aly ? Il faudra des jours au Sénégal et au Djolof pour mieux comprendre.

Depuis ce dimanche 1er novembre 2020, le pays s’est doté d’un nouveau gouvernement, sans ce premier ministre rêvé. L’heure de féliciter les nommés et d’encourager les sortants. À la poursuite de cette analyse de ces arrivées et de ces départs, on est tenté de se poser des questions : Pourquoi le président Macky Sall s’est (séparé), de son ministre de l’intérieur, M. Aly Ngouille Ndiaye, de son ministre d’état, Ministre des affaires étrangères, Amadou Bâ, de son ministre ancien directeur de cabinet Oumar Youm et de l’ancienne présidente du conseil économique et social, Mme Mimi Touré ? Il y’a des raisons qu’on cherche.

Tous ces anciens ministres ne pouvaient pas embarquer à bord et télescoper avec les entrants, mais la fin est brusque et inattendue. Une séparation est souvent difficile, mais de nos jours, un match de football du Sénégal sans Sadio Mané, sans Kalidou Coulibaly, fait forcément parler. Être parmi les meilleurs ne signifie pas toujours gagner. Pour le cas d’Aly Ngouille Ndiaye plusieurs questions sont sans réponse. Aly Ngouille Ndiaye aurait décliné le poste de secrétaire général de la présidence de la république pour être quitte avec la confiance que sa base placée en lui ou a-t- il préféré le sacrifice suprême pour ne pas abandonner ses pairs ? Que reproche-t-on au mentor de Ndiaye et du Djolof ? Est-ce une stratégie pour lui confier d’autres rênes ou se séparer définitivement de lui ? Autant d’interrogations que des sympathisants, militants, se posent. Ce qui est sûr, si la déception est énorme du côté de l’ancienne province du Djolof et bien au-delà, c’est que l’homme est serviable et travailleur.

Simplement aussi parce que, le maire, ministre Aly, surnommé le « Lionel Messi » politique qui ne figure pas parmi les 33 ministres et les 4 secrétaires d’état malgré ses performances ministérielles doublé du satisfecit des cultes, a convaincu des entités et des communautés de par sa démarche.
En communication politique, la dissolution d’un gouvernement et son renouvellement suscitent de vives polémiques et divers effets. Des mutations profondes vont s’opérer aussi bien dans le parti au pouvoir, qu’au sein de ses alliés. Que des trames se crochètent dans l’opposition ou pas des supercheries vont se poursuivre. Monsieur Yankhoba Seydi, porte-parole du parti « Rewmi » a en pris à ses dépens dans une feinte qu’il n’oubliera pas de sitôt.

Faut-il croire que la ruse, la trahison, l’audace, le sacrifice, l’éthique et la tromperie font partie du jeu et sont des intrants incontournables en politique? En tout état de cause, la tromperie s’arcboute à la politique et reste son lieu de prédilection, tout comme dans le commerce, dans l’amour, etc.

À y voir de très près, le Chef de l’état Macky Sall a tenu compte de certains déguisements sémantiques: « C’est toujours difficile de me séparer de mes amis, surtout dans les renouvellements de bureau ou de gouvernement » allusion faite au renouvellement du bureau de l’assemblée nationale, le mois dernier. Des propos psychologiques riches de sens, d’orientation, et dignes d’une préparation lointaine qui prépare d’autres départs, attestant que toute forme de procédure déceptive n’est pas forcément une attitude mensongère.

Faire des omelettes signifie casser des oeufs. L’affirmation solennelle du président du parti Rewmi Idrissa Seck que: « Je ne compte plus, sur quiconque, encore moins, sur un décret humain pour occuper une fonction politique régalienne ou institutionnelle » est appréciée comme un parjure, un déni.

Mais, au-delà de ce remaniement on doit tirer des enseignements et Aly Ngouille Ndiaye le fera. Il faut bien cependant constater l’étrange, surprenante valorisation de ce que Hannah Arendt, dans un texte fameux sur le mensonge totalitaire, appelle le « mensonge en plein jour » (Du mensonge à la violence);  » il est de plus en plus fréquent de trouver l’expression d’une sorte de spectacularisation du mensonge, d’un mensonge entièrement décomplexé qui se justifie par le seul fait d’être prononcé en pleine lumière, sous le regard de tous, jusqu’à se faire passer pour l’apothéose spectaculaire du principe de transparence ». Qui a dribblé qui dans ce sombrero politique ?

En attendant que des coins du voile soient levés, et que demain fasse jour, unissons la steppe d’Idrissa Seck et la forêt de Macky pour saluer la vague d’honneur et le privilège du polytechnicien A2N, pour avoir servi sa patrie à travers les différentes missions bien accomplies aussi bien à la place Washington, (Ministère de l’Intérieur) que dans d’autres ministères.

Mamadou Aïcha Ndiaye journaliste*.
Canada le 1er Nov

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