« 2020 est une année qu’aucun d’entre nous n’oubliera. Une année terrible et dévastatrice qui nous a marqué, à bien des égards », a affirmé ce mercredi la cheffe des droits de l’homme de l’Onu, relevant que la pandémie de Covid-19 a mis à nu « les fissures et les fragilités de nos sociétés, exposant tous nos échecs à investir dans la construction de sociétés justes et équitables ».

Faisant le bilan de la gestion de la crise du coronavirus, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a rappelé que l’année 2020 a fait « des ravages » non seulement dans toutes les régions et tous les pays, mais aussi sur l’ensemble de nos droits, qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, civils ou politiques. « Elle a montré la faiblesse des systèmes qui n’ont pas réussi à mettre l’accent sur le respect des droits de l’homme », a-t-elle ajouté lors d’un discours ouvrant sa conférence annuelle sur la situation et les perspectives des droits de l’homme dans le monde.

« Au cours des 11 derniers mois, les pauvres se sont appauvris davantage et ceux qui souffrent de discrimination systémique sont ceux qui ont le plus souffert », a dit Mme Bachelet. « Si nous avions appliqué le vaccin des droits de l’homme – nous ne serions pas dans un état aussi grave que celui dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui », a-t-elle expliqué. 

Selon la Haut-Commissaire, il a été « choquant, mais malheureusement loin d’être surprenant », de constater lors de la pandémie un nombre disproportionné de personnes et de groupes victimes de discrimination. A ce sujet, Mme Bachelet cite les personnes d’ascendance africaine, celles issues de minorités ethniques, nationales ou religieuses, et les peuples autochtones.

L’impact sur les femmes a été également dévastateur, en raison de la terrible augmentation de la violence domestique dans le monde entier. « Dans certains domaines, les droits des femmes risquent un retour en arrière de plusieurs décennies », a-t-elle alerté. Or dans le même temps, « plusieurs des pays considérés comme ayant le mieux géré la pandémie étaient en fait dirigés par des femmes ».

D’une manière générale, le nouveau coronavirus a mis en lumière « notre incapacité à faire respecter au mieux ces droits, non seulement parce que nous n’avons pas pu le faire, mais aussi parce que nous avons négligé de le faire – ou choisi de ne pas le faire ». 
Maintenant même s’il y une lueur d’espoir avec le « développement de vaccins », ces derniers ne peuvent toutefois à eux seuls résoudre la pandémie, ni guérir les dommages qu’elle a causés. « Les vaccins médicaux ne permettront cependant pas de prévenir ou de guérir les ravages socio-économiques qui ont résulté de la pandémie et contribué à sa propagation », a insisté Mme Bachelet.

« Mais il existe un vaccin contre la faim, la pauvreté, l’inégalité et peut-être contre le changement climatique », a-t-elle poursuivi, précisant que « ce vaccin s’appelle les droits de l’homme ».

O. THIOR/archipo.info

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