Elle est née en 1920 à Kabrousse en Casamance, une région du Sud du Sénégal (Afrique-Occidentale française). Ses parents étaient Silisia Diatta et Assonelo Diatta, mais elle est élevée par son oncle paternel Elaballin Diatta à la mort de son père. Pour gagner sa vie, elle se rend à Ziguinchor pour travailler comme docker. Durant la saison sèche, elle migre sur Dakar et y trouve un emploi de bonne à tout faire. C’est à Dakar, comme une prophétesse, qu’elle a la révélation de sa mission de libérer son peuple de l’administration coloniale, par des voix quasi-divines. Elle s’y refuse dans un premier temps, puis décide de se conformer à ces voix et de revenir en Casamance. Elle y entraîne la population dans un mouvement de désobéissance civile1,2. On l’appelait aussi Dame de Kabrousse

Le chercheur Paul Diédhiou a exprimé en 2011 une version différente de ce parcours singulier. Aline Sitoé Diatta serait une fétichiste qui aurait reçu, lorsqu’elle vivait à Dakar, la révélation d’un culte de la pluie appelé Kasarah. De retour à Kabrousse, « elle reçut l’ordre d’assumer les responsabilités de prêtresse du culte Kassarah, le nom du fétiche. Elle commence alors à lancer des appels à travers les villages proches », appels qui ameutent la population et font craindre, aux représentants locaux de l’administration coloniale, un mouvement spasmodique de rébellion3,4.

Le pouvoir français était en cette année 1943 fragilisé par son effondrement militaire au début de la Seconde Guerre mondiale, et cette région diola était réputée réfractaire à toute forme d’autorité autre que la tradition clanique. Considérée comme dangereuse, elle est arrêtée et jugée par l’administration coloniale française, puis déportée à Tombouctou au Mali où elle meurt en 1944, du scorbut, à l’âge de 24 ans, devenant une figure emblématique de la résistance casamançaise à la colonisation5,2.

Son nom a été donné au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (la Cité Aline Sitoé Diatta) réservé aux étudiantes, à un stade de Ziguinchor (le stade Aline Sitoé Diatta), ainsi qu’à diverses écoles et organisations.

Une exposition lui a été consacrée en 20076.

Le Aline Sitoé Diatta est le bateau qui assure depuis 2008 la liaison DakarZiguinchor, en remplacement du Wilis, lui-même successeur du Joola, de tragique mémoire.

Wikipedia

 

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