Ibrahima Sakho, fils de Elimane Sakho et de Fatoumata Ndiaye dite Mame Ngouye Sigui, naquit le mercredi 20 décembre 1911 au quartier Keury Kao à Rufisque, Dakar.

Tout le prédisposait à devenir un érudit de l’islam d’autant plus que son père, Mame Elimane avait déjà une parfaite maitrise du Coran et des textes religieux avant même sa rencontre avec Malick Sy à Ndiarndé. C’est à la suite de cette rencontre que Mame Elimane s’est installé à Rufisque en tant qu’imam Ratib et représentant de Seydil Hadj Malick.

À bas âge, El Hadji Ibrahima Sakho fit ses études coraniques à Diamal dans la région du Saloum auprès du marabout Abdou Cissé surnommé « Borom Diamal » qui était aussi son oncle. Après avoir fait ses humanités auprès de la famille Cissé, Ibrahima Sakho rejoignit son père à Rufisque pour poursuivre ses études. Il fera ensuite son service militaire, intégrera l’armée sous le matricule 255 6 RAC et participera à la Seconde Guerre mondiale.

À l’âge de 18 ans, il reçut le Wird Tidjane1 de la part de son père. Quelques années plus tard, alors qu’Ibou Sakho n’avait que 26 ans, il reçut l’autorisation spéciale de délivrer le Wird Tidjane aux fidèles (Ijaza Itlaqi). C’est en 1945 qu’il effectua son premier pèlerinage à la Mecque.

Ayant commencé son œuvre, sa vulgarisation de l’islam à travers la publication de documents écrits sur la prière, le jeune, la Zakat, le pèlerinage à la Mecque – El Hadji Ibrahima Sakho a dû se rendre compte que l’oralité occupe une audience beaucoup plus importante dans la société sénégalaise compte tenu de certaines spécificités socio-culturelles. Dès lors, il a dû opérer un changement de méthode, un renouvellement pédagogique pour se lancer dans l’oralité à travers l’organisation de veillées ou nuits religieuses autrement appelées « Gamou » en Wolof.

Son premier gamou date de 1929 à Nguékhokh alors qu’il n’avait que 18 ans; mais il avait déjà beaucoup de connaissances islamiques acquises auprès de Borom Diamal, de son père Mame Elimane et de l’érudit de Rufisque Amadou Lamine Diakha Cissé.

Avec son immense savoir, El Hadji Ibrahima Sakho a davantage marqué les Esprits des sénégalais à cause de son éloquence, sa pertinence et surtout sa pédagogie. De prime abord, sa parfaite maîtrise du Nahwou, la Grammaire Arabe faisait de lui un érudit hors pair. C’est ce qui lui a valu une explication avec brio du « Khilassou Zahab », la plus grande et emblématique œuvre sur la vie de Mahomet réalisée par le guide spirituel Malick Sy.

À travers le Khilassou Zahab qui a fait toute sa célébrité, Mame Ibou fait partie des plus illustres protagonistes de la diffusion de la pensée de El Hadji Malick Sy, et surtout de faire connaître sa dimension intellectuelle et morale au grand public. Éminent pédagogue et brillant éducateur, El Hadji Ibrahima Sakho a été le principal animateur du Maouloud de Tivaouane pendant près de 20 ans, auprès d’Abdou Aziz Sy dans la mosquée de Malick Sy. De plus, il avait une parfaite maîtrise du Coran qu’il a pu intégralement traduire et bien expliquer. À part les veillées religieuses, il faisait part de ses connaissances coraniques au grand public dans la mosquée de Tchéddém à Sandaga dans la ville de Dakar.

Partisan engagé de la tolérance entre les hommes, toute religion et toute obédience confondues, il a été titulaire du plusieurs décorations dont celle que lui a décernée au Vatican sa sainteté le Pape Paul VI en 1966.

Ibrahima Sakho était aussi un poète, écrivain et grand bâtisseur ; c’est ainsi qu’au nombre de ses écrits publiés, on compte plus de 16 Ouvrages sur des thèmes aussi essentiels que divers, des poèmes dédiés à Mahomet au vénéré Cheikh Seydi Ahmed Tidiane Chérif à son maître spirituel Malick Sy, ainsi que 22 mosquées qu’il a pu construire au Sénégal. Mais, l’une de ses plus illustres œuvres fut sans conteste la prière annuelle de la Salatoul Tasbihi qu’il avait organisée depuis 1968 à Médinatoul Mounawwara dans le département de Mbour.

Il mourut le samedi 13 août 1994 à son domicile à Keury Kao Rufisque, rue Ousmane Socé Diop et a été inhumé dans la mosquée de « Campement Nguékokh ».

Paix à son âme…

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